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Tchaïkovski

L’enfance

Portrait de Tchaïkovski . copyright BnfPortrait de Tchaïkovski  © Bnf

Piotr Illitch Tchaïkovski naît le 7 mai 1840 dans un milieu aisé : son père, ingénieur, dirige des mines d’Etat dans l’Oural, alors que sa mère (Alexandra d’Assier) est aristocrate  d’origine française. Ses parents lui donnent une éducation soignée : élevé par une gouvernante suisse, il reçoit aussi très jeune des cours de piano. En 1848, alors qu’il est âgé de huit ans, sa famille déménage, suite à la retraite de son père. Il entre à l’Ecole de droit de Saint-Pétersbourg, tout en prenant des cours de piano, et chante dans un chœur. Sa mère meurt du choléra en 1854, alors qu’il est âgé de 14 ans. En 1859, il obtient un poste de secrétaire au ministère de la Justice. 

Les études musicales

À l’âge de vingt-trois ans, en 1862, il quitte ses fonctions au ministère et poursuit des études musicales au Conservatoire de Saint-Pétersbourg qui vient d’être créé. Il s’inscrit aux cours de composition (de Nicolaï Zaremba 1821-1870), d’orchestration (d’Anton Rubinstein, 1829-1894, directeur du même Conservatoire), de flûte et d’orgue. Nicolas Rubinstein (le frère d’Anton Rubinstein, 1835-1881, son professeur d’orchestration), créé le Conservatoire de Moscou, et demande en 1866 à Tchaïkovski d’y enseigner l’harmonie. Le jeune compositeur passe donc en trois années seulement du poste de secrétaire à celui – prestigieux – de professeur d’harmonie du Conservatoire moscovite.

Les débuts d’une carrière

Maison musée de Tchaïkovski à Klin, Russie. copyright BnfMaison musée de Tchaïkovski à Klin, Russie © Bnf

Il commence ainsi une carrière reconnue. En 1867, il écrit sa Première symphonie, qui connaît un grand succès. Il rencontre alors les musiciens du Groupe des cinq avec qui les premiers contacts sont chaleureux. Il écrit ensuite son tout premier opéra, La Voïvode, qui est  créé en 1869, cette fois avec peu de succès auprès du public. En 1870, Balakirev, le chef de file du Groupe des cinq lui commande un poème symphonique pour la Société russe de musique. Il compose Roméo et Juliette qui reçoit un accueil triomphal. 

Un artiste incompris

Tchaïkovski, d’une nature très sensible, n’est hélas pas toujours compris par son public et ses amis compositeurs. En 1875, il écrit son Premier concerto pour piano qu’il dédie à Nicolas Rubinstein, son directeur. Celui-ci juge l’œuvre mauvaise. Ce Concerto n’est pas créé en Russie, mais à Boston avec un succès qui ne s’est depuis jamais démenti. Tchaïkovski reçoit, en 1876, une commande de ballet pour le théâtre impérial. Il s’agit du célèbre Casse-Noisette, qui est à l’époque très mal reçu lors de sa première création. Cette œuvre est du reste absente du répertoire des ballets de Russie durant de nombreuses années ! 

Un artiste russe… et cosmopolite

Maison musée de Tchaïkovski à Klin, Russie. copyright BnfMaison musée de Tchaïkovski à Klin, Russie © Bnf

Tchaïkovski est un artiste qui voyage, et entretient des contacts fréquents en-dehors de la Russie. Ce cosmopolitisme - qui se reflète parfois dans ses œuvres - est souvent durement critiqué par le Groupe des cinq, qui tiennent beaucoup à affirmer, dans le domaine musical, un « style russe », débarrassé des influences occidentales. En 1871, Tchaïkovski a déjà pu profiter de ses vacances pour rencontrer en France Camille Saint-Saëns (Compositeur français, 1835-1921) et Georges Bizet (Compositeur français, 1838- 1875). En 1876, il est cette fois à Bayreuth comme critique musical. Il rencontre Franz Liszt et écoute la musique de Richard Wagner, qu’il n’apprécie pas. Le voyage qu’il fait à Paris, en 1885, est pour lui l’occasion de rencontrer des éditeurs afin de faire publier ses œuvres en France. Il va au concert, rencontre les compositeurs français (Il fait, entre autres, la connaissance de Pauline Viardot, chanteuse et compositrice française, 1821-1910). En 1886, il se fait cette fois connaître comme chef d’orchestre, et effectue, dès 1888, une tournée de concerts européens. Il est très chaleureusement accueilli. En 1891, il se rend cette fois aux Etats-Unis où il est accueilli triomphalement. Il a même l’occasion de participer au concert d’inauguration de la célèbre salle de concert du Carnegie Hall de New-York en y dirigeant ses œuvres ! En 1893, une tournée européenne le conduit à Cambridge, où il est fait docteur honoris causa en compagnie des compositeurs Camille Saint-Saëns et Edward Grieg (Compositeur et pianiste norvégien, 1843-1907). Il meurt, en pleine gloire, le 6 décembre 1893. 

L’œuvre

Tchaïkovski est le compositeur russe le plus prolifique du XIXe siècle. Ses œuvres occupent soixante-trois volumes, et ses compositions ont abordé tous les genres musicaux (ballet, opéra, symphonie, poème symphonique, mélodie, concerto, etc.). Même s’il se prétend « Russe, russe, russe » pour répondre à ses détracteurs, la part du folklore est bien moins importante dans son œuvre qu’elle ne l’est chez les compositeurs du Groupe des cinq. Il ne cache pas son admiration pour Mozart « le point culminant auquel a atteint la beauté en musique » et l’influence reçue de compositeurs qui lui sont contemporains comme Liszt, Bizet, Gounod ou Saint-Saëns. À l’époque des Ballets russes, il reste peu apprécié : « Ni Tchaïkovski, ni même Glinka, ne seront jamais compris en Europe » écrit Diaghilev, désespéré de pouvoir faire apprécier ce compositeur en France. 

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