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Le Festin, ballet composite, extraits de Casse-Noisette de Tchaïkovski

 

Le mardi 18 mai 1909, le Figaro annonce le programme, pour le premier concert des Ballets russes, dont « Le Festin suite de danses, musique de Rimski-Korsakov, Glinka, Tchaïkovski, Glazounov ; costumes de Benois, Bakst, au théâtre du Châtelet, tenue de gala exigée ».

Un « pot-pourri » mis au point par Diaghilev !

Diaghilev, ancien élève de Rimski-Korsakov et très bon amateur de musique, n’hésite pas à remanier, assembler des pièces de différents compositeurs pour correspondre aux goûts du public. L’opéra Boris Godounov avait ainsi déjà été raccourci l’année précédente par ses soins, afin de resserrer l’action dramatique. Le Festin, représenté lors de la première saison des Ballets russes, en 1909, est un collage chorégraphique, un pot-pourri de différentes œuvres de Rimski-Korsakov, Glinka, Glazounov et Tchaïkovski. Diaghilev retient principalement de ce compositeur des extraits de son célèbre ballet Casse-Noisette.

Histoire de Casse-Noisette

L’histoire de Casse-Noisette mise en musique par Tchaïkovski s’inspire de l’écrivain Alexandre Dumas. Une petite fille, Clara, reçoit à Noël un casse-noisette en bois, qui a la forme d’un petit bonhomme. La nuit, les souris attaquent les jouets, que Clara défend avec vigueur : le casse-noisette se transforme en prince charmant, et entraîne Clara dans son royaume, le royaume des sucreries. La fée Dragée organise de grandes fêtes pour recevoir les deux visiteurs : de nombreux numéros de danses se succèdent devant eux, exécutés par les sujets de ce royaume magique.  Dans ces danses, Tchaïkovski utilise l’orchestre symphonique (orchestre avec toutes les familles d’instruments), avec ajout de certains instruments inaccoutumés, comme le célesta (sorte de petit piano dont les marteaux frappent des lames de métal, inventé en 1868 par Mustel), qu’il vient de découvrir à Paris, lors de l’un de ses voyages. Il est l’un des premiers compositeurs à utiliser cet instrument en Russie. 

Danse russe Trépak, extrait de Casse-Noisette de Tchaïkovski

Cette danse d’une durée très courte, moins d’une minute, est jouée dans un tempo très rapide. Clara et Casse-noisette sont dans le pays des délices. Dans l’histoire de Casse-Noisette, c’est la quatrième des danses offerte aux deux visiteurs. On entend d’abord le premier thème, très rapide, joué quatre fois par les cordes. Le  tambourin, qui intervient dès la troisième écoute du thème, en accentue le caractère vif et dansant. Un deuxième thème, très proche du premier, est très brièvement entendu. Puis une petite transition mène à nouveau au premier thème, qui est réentendu cette fois dans un crescendo (un volume sonore de plus en plus intense) et un accelerando (une pulsation qui va s’accélérant) étourdissant.

La danse de la Fée Dragée, extrait de Casse-Noisette de Tchaïkovski

La fée Dragée danse seule pour Clara et Casse-Noisette, en visite au pays des Délices. Il s’agit là aussi d’une danse très courte, d’atmosphère complètement différente de Trépak : plus mystérieuse et secrète. Elle débute par une très courte introduction, jouée en pizzicati (c’est-à-dire en pinçant les cordes) par les cordes, puis apparaît le thème principal, dans l’aigu, joué par le célesta auquel répondent, dans le grave, les bois (clarinettes, bassons) et les cuivres (cors) de l’orchestre. Puis cordes et bois alternent, avant que célesta et cordes n’égrènent dans l’aigu de légères gammes (série de huit notes consécutives) et arpèges (série de notes espacées). Le tout début est alors réexposé, puis se conclut par un silence, qui marque une « fausse fin ». Le tempo devient plus rapide (Tchaïkovski indique Presto), et la danse de la Fée Dragée se termine dans un brillant crescendo.

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