> Dossiers pédagogiques > Concerts éducatifs

Danses Polovstiennes 

 

Le mardi 18 mai 1909, le journal Le Figaro annonce le programme, pour le premier concert des Ballets russes, dont « Le Prince Igor, scènes chantées et les Danses polovtsiennes de l'opéra de Borodine ». Ce ballet est créé juste après un ballet plutôt classique intitulé Le Pavillon d’Armide, ce qui accentue encore pour le public l’impression d’exotisme.  

Des danses extraites… d’un opéra !

Photographie de Roger Pic du Prince Igor mis en scène par Branko Gavella au Théâtre des Champs-Elysées en 1956.copyright GallicaPhotographie de Roger Pic du Prince Igor mis en scène par Branko Gavella au Théâtre des Champs-Elysées en 1956.  © Gallica

C’est en 1869 que Borodine décide de composer un opéra qui s’inspire de l’ancienne Russie. Il ne termine pas son opéra, mais Les Danses polovtsiennes issues du Prince Igor sont jouées de son vivant. Celui-ci les met en effet au programme d’un concert alors qu’il ne les a pas encore orchestrées ! Il redouble d’efforts pour les terminer. Elles sont jouées pour la première fois avec succès le 27 février 1879. L’opéra inachevé, est quant à lui terminé par les compositeurs Rimski-Korsakov et Glazounov.

Des danses authentiquement russes ?

Programme des Danses Polotvsiennes du 3 juin 1927 au Théâtre Sarah-Bernhardt. copyright GallicaProgramme des Danses Polotvsiennes du 3 juin 1927 au Théâtre Sarah-Bernhardt.  © Gallica

Il s’agit de danses sauvages d’une tribu nomade du XIIe siècle sur les bords de la Mer noire dont on ne sait rien, pas même si ces tribus ont réellement dansé. Ces danses sont exécutées dans le camp des Polovtsiens, alors que leur chef, le Khan Kontchak, retient prisonnier le prince Igor. Le public parisien croit, lors de cette première, voir les danses russes anciennes les plus authentiques ! (« Nous avons vu la danse, la danse fidèle dépositaire de notre longue histoire ignorée, la danse sacrée » critique du Figaro, 1909). La chorégraphie des Danses du Prince Igor est en réalité créée de toutes pièces de l’imagination de Fokine, le chorégraphe de Diaghilev. Fokine dit qu’il « visualisait tout clairement » avant de partir en répétition donner des indications aux danseurs, qu’il fait danser pour l’occasion collectivement, sans véritable soliste désigné (« Où ai-je trouvé mes idées ? Je dois dire, uniquement dans la musique. J’arrivais aux répétitions avec la partition de Borodine sous le bras : en cela consistait tout mon bagage » Michel Fokine). Les artistes qui entourent Diaghilev prennent en fin de compte plutôt appui, pour leur mise en scène, sur le témoignage du peintre américain George Catlin (1796-1872), qui publie, en 1842, ses souvenirs illustrés de huit années passées chez les tribus Peaux-Rouges d’Amérique. Il décrit en particulier la Danse du Scalp chez les Sioux, dont « aucune description ne pourrait donner plus qu’une faible idée de l’impression terrifiante de ces danses, qui se déroulent au cours de la nuit sombre, au flamboiement des torches ».  

L’œuvre musicale

Programme du Théâtre National de l’Opéra pour la neuvième saison des ballets russes, 1914. copyright GallicaProgramme du Théâtre National de l’Opéra pour la neuvième saison des ballets russes, 1914. © Gallica

Les Danses polovtsiennes sont généralement données avec chœur, et se composent de la succession des différentes danses suivantes :  Une Introduction (Andantino, 4/4, la majeur), à laquelle succède une Danse glissée des jeunes filles (Andantino, 4/4, la majeur). L’introduction fait entendre un premier thème joué par la flûte traversière. Le thème de la première danse est chanté à l’unisson par les jeunes filles, sur ces paroles nostalgiques : « Vole sur les ailes du vent, tu es en terre natale, notre chanson de naissance. Là, où nous t’avons facilement chantée, où nous étions tous si libres avec toi ». Succède à la danse féminine la Danse sauvage des hommes (Allegro vivo, 4/4, fa majeur), plus rapide, qui est marquée par l’irruption d’un thème très souple, joué dans le registre aigu par les vents. Les cuivres interviennent ensuite fortissimo. La Danse générale (Allegro, 3/4, ré majeur) fait intervenir avec force les percussions, qui ponctuent un nouveau thème, joué à contretemps. Une partie centrale, apaisée, fait entendre les voix de femmes qui alternent avec une voix d’homme, avant la reprise marquée des percussions. La Danse des garçons et la Deuxième Danse des hommes (Presto, 6/8, ré mineur) se succèdent ensuite, avant la reprise de la Danse glissée des jeunes filles (Moderato, Alla breve, 2/2) qui reprend celle déjà entendue, combinée avec celle des garçons. La fin des Danses polovtsiennes répète la Danse des garçons et la Deuxième danse des hommes, avant que n’éclate une Danse générale (Allegro con spirito, 4/4, la majeur) reprenant les thèmes entendus précédemment dans l’Introduction et la Danse sauvage des hommes.

fermer
Votre nom :

Votre email :

Destinataire :

Message :
fermer
fermer
URL :